Chronique d’une promotion qui n’a pas chômé — et qui a quand même couru à la fin.
Lundi 6 avril: Au PGHM, où les gendarmes font du ski avec une civière
La semaine démarre fort : direction Chamonix et les locaux du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne. Après une présentation sérieuse et passionnante du fonctionnement de l’unité, les cadets sont emmenés sur la DZ — la Drop Zone pour les non-initiés, ou « l’endroit où Choucas 74 fait ce qu’il veut et tout le monde s’écarte ». L’hélicoptère décolle sous les yeux ébahis d’une promotion qui commence à se demander si elle a choisi la bonne carrière. La matinée se conclut par une session d’escalade à l’ENSA, dont les installations sont à la hauteur de la réputation. Plusieurs cadets ont découvert que leurs bras pouvaient souffrir autrement qu’en portant des sacs.
Mardi 7 avril: Émotion, rondaches et hommes en noir
La journée commence dans le recueillement avec une cérémonie d’hommage à Fany Claudin, marraine de la promotion. Un moment fort, sincère, qui rappelle que derrière l’uniforme et les exercices, il y a des valeurs et des visages qu’on ne doit pas oublier. Viennent ensuite la remise des rondaches — un moment attendu, mérité, et photographié sous tous les angles par des parents qui n’avaient pas prévu de pleurer.
L’après-midi, cap sur le PSIG de Bonneville. Les cadets y découvrent l’équipement des fameux « hommes en noir » — boucliers, protections, tenues d’intervention — et s’essaient aux contrôles de véhicule avec interpellation du conducteur. Certains ont joué le rôle du conducteur un peu trop convaincants. On ne dira pas leurs noms.
Mercredi 8 avril : Rando, traque et nuit au camp de base
Randonnée à Saint-Jean-de-Tholome, avec au programme une progression de type militaire : observation, discrétion, puis interpellation d’une cible. Autrement dit, marcher doucement, regarder attentivement, et foncer au bon moment. Certains ont maîtrisé les trois étapes. D’autres ont surtout maîtrisé la première. La journée se prolonge en soirée avec des activités de cohésion — le genre qui soude un groupe ou révèle qui ronfle — avant une nuit plus courte que prévu au camp de base, alias le lycée Sainte-Famille. Le terme « camp de base » est ici pleinement assumé.
Jeudi 9 avrilDevoir de mémoire et brevet de porte-drapeau
Journée entièrement consacrée au devoir de mémoire, au protocole des cérémonies commémoratives et à la formation de porte-drapeau. Ce n’est pas la journée la plus spectaculaire sur le papier, mais c’est peut-être la plus importante : apprendre à tenir un drapeau, c’est apprendre à tenir quelque chose qui dépasse soi. La promotion repart avec ses diplômes de porte-drapeau, et probablement une nouvelle façon de regarder les monuments aux morts de leur commune.
Vendredi 10 avril: Accrobranche, cohésion et… on court
La semaine se termine à Reignier, dans les arbres. L’accrobranche, c’est l’activité parfaite pour mesurer le niveau de confiance d’un groupe : on voit rapidement qui encourage, qui grimpe, et qui regarde de loin en faisant semblant de vérifier ses lacets. La promotion s’en sort avec les honneurs — et quelques égratignures.
Puis vient le temps de la course à pied. Parce qu’une semaine bien remplie ne saurait se conclure autrement. Ce footing n’est pas anodin : il prépare au Défi du Blessé, dont le coup d’envoi sera donné à l’Arc de Triomphe, lors de l’allumage de la flamme sur la tombe du Soldat inconnu, au week-end de l’Ascension.
Mais ça, c’est une autre histoire. À très bientôt, cadets.
